Dépistage des cancers buccaux et orofaciaux

N° 2 Volume 32 Publié le 12/2022

Incidence et facteurs de risque des cancers de la tête et du cou

Le carcinome spinocellulaire oral, le néoplasme malin le plus courant dans la cavité buccale, représente environ 90 % des tumeurs de la tête et du cou. Il se présente généralement sous la forme de petites zones rouges indolores et, comme il est asymptomatique, il est souvent remarqué et diagnostiqué à des stades avancés. La détection précoce permet une approche d’intervention peu invasive, améliorant ainsi le pronostic et réduisant le coût des soins. Le dépistage régulier, que ce soit par un professionnel de la santé buccodentaire ou par autoexamen, sont un moyen précieux de sensibiliser et d’intercepter précocement les cancers de la tête et du cou.

La lumière sur les dispositifs de dépistage du cancer de la bouche

L’examen intra-oral et extra-oral est une méthode reconnue depuis longtemps par les professionnels de la santé buccodentaire pour le dépistage et la détection des cancers de la tête et du cou. L’objectif de cet article est d’évaluer la valeur des adjuvants de dépistage et de détection du cancer tels que l’imagerie et les sondes d’auto-fluorescence, l’imagerie et les sondes de fluorescence optique, les sondes fluorescentes et la chimiluminescence en tant que méthodes efficaces de dépistage et de détection des lésions buccales suspectes.

Cancers de la tête et du cou… 1, 2, 3… Dépistez !

L’hygiéniste dentaire, professionnel(le) de la santé à part entière, joue un rôle essentiel dans le dépistage précoce des cancers de la tête et du cou (CTC). Ce rôle se définit dans sa capacité à poser un jugement ou un raisonnement clinique1 touchant différentes composantes de la santé d’un client, c’est-à-dire sa condition générale et sa santé buccodentaire, toutes deux évaluées par des questions adaptées à la réalité du client et entraînant une variété de tests diagnostiques selon les besoins du client. Ainsi, l’hygiéniste dentaire participe activement à l’examen précoce des structures de la tête et du cou. Pour certaines lésions potentiellement cancéreuses qui ne peuvent être décelées visuellement ou tactilement à cause de leur localisation, comme dans le cas du cancer oropharyngé, l’anamnèse pratiquée adroitement et minutieusement par l’hygiéniste dentaire fournit alors des données indispensables qui serviront aussi à diriger le client vers son dentiste puis vers son médecin pour un test de dépistage de l’ADN, des analyses sanguines, une endoscopie ou autres, pour ne nommer que ceux ci.

Connaissances, attitudes et pratiques courantes des hygiénistes dentaires en matière de sensibilisation au cancer de la bouche : examen systématique

Les données sur le niveau de sensibilisation et de connaissance du cancer de la bouche et de ses facteurs de risque associés chez les hygiénistes dentaires sont rares. Cet examen systématique vise à synthétiser les données existantes concernant le niveau de connaissance, l’attitude et la pratique. Des recherches ont été menées dans PubMed et Scopus pour trouver des articles publiés jusqu’en janvier 2021. Au total, 14 études ont été sélectionnées pour l’examen systématique. Résultats : à l’exception du tabagisme (99,8 % à 100 %), des variations considérables ont été constatées chez les hygiénistes dentaires concernant d’importants facteurs de risque de cancer de la bouche, comme la consommation d’alcool (de 30,0 % à 90,0 %), le virus du papillome humain (de 23,0 % à 90,0 %), l’âge (de 37,7 % à 69,3 %), le régime alimentaire (de 30,0 % à 42,2 %) et la mastication de la chique de bétel (de 5,0 % à 98,0 %). Les hygiénistes dentaires jouent un rôle essentiel dans le dépistage du cancer de la bouche. La faible connaissance du cancer de la bouche chez les hygiénistes dentaires est fortement associée aux faibles taux de détection précoce. Ces résultats fournissent des renseignements utiles pour améliorer les programmes de formation continue avant et après l’obtention du diplôme, ciblés sur la prévention du cancer de la bouche, afin de réduire la morbidité et la mortalité liées au cancer de la bouche.

Le coût du cancer buccal : une revue systématique

Les aspects cliniques et épidémiologiques des cancers buccaux sont bien documentés dans la littérature, mais les données sur le fardeau économique de ceux-ci font défaut. Cette étude vise à fournir une évaluation systématique complète du fardeau économique du cancer buccal à partir des données probantes existant dans le monde. Une revue systématique a été réalisée. Nous avons relevé 24 études de 2001 à 2021, réparties dans 15 pays, sur 4 continents. Dans certains pays occidentaux industrialisés, les coûts liés au cancer des lèvres, au cancer de la cavité buccale et au cancer de l’oropharynx ont atteint une moyenne du produit intérieur brut par habitant de 18 %, de 75 % et de 127 %, respectivement. Les coûts liés aux patients hospitalisés atteints du cancer buccal et du cancer des lèvres étaient respectivement 968 % et 384 % plus élevés que ceux liés aux patients externes. Le stade avancé du cancer était plus coûteux (environ de 22 % à 373 %) que le stade précoce du cancer. Le fardeau économique du cancer buccal est substantiel, bien que sous-estimé.

Négligence et manque d’empathie égalent-ils manquement en déontologie ?

L’hygiéniste dentaire, comme tous les professionnels de la santé, ne doit pas laisser de côté le fait que l’information, la promotion de la santé et la prévention du suicide, de la maladie, des accidents et des problèmes sociaux auprès des individus, des familles et des collectivités font également partie de l’exercice de la profession dans la mesure où elles sont reliées à ses activités professionnelles’ Il est clair néanmoins, que les professionnels membres d’un ordre en santé particulièrement doivent démontrer des qualités humaines à l’égard de la population, que ce soit envers les personnes vieillissantes, en situation de vulnérabilité ou celles en bonne santé.

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